Nous avons été lanceurs d’alerte sur la fermeture des guichets qui s’opère dans le plus grand silence sur tout le territoire. Constructifs, notre alerte a été l’occasion pour la Région et Laurent Wauquiez de signer un moratoire en juin dernier destiné à stopper l’hémorragie et la fermeture des gares. Nous avons soutenu cette initiative en espérant qu’elle déboucherait sur un revirement de la SNCF. Quelle n’a pas été notre déception à la lecture d’un avenant à la Convention SNCF adopté le 19 septembre dernier !

Que dit cet avenant à la convention entre la Région et la SNCF ?

  1. Il n’y a aucun moratoire puisque la SNCF ne s’est engagée à rien, et surtout pas à ne plus fermer de guichets…
  2. Pire : lorsque la SNCF décidera, seule, de fermer encore de nouveaux guichets, c’est la Région qui paiera les mesures compensatoires pour les usagers (des bornes SNCF dans les bureaux de tabac, commerces, etc.) !

Ainsi, loin de freiner la fermeture des guichets SNCF sur tout le territoire, la Région en valide le principe et va même accélérer le processus de recul inacceptable du service public ferroviaire. Laurent Wauquiez fait valoir une vision strictement comptable et libérale du service public loin des besoins des populations dans des territoires déjà fortement frappés par le recul de l’Etat.

Pourquoi peut-on parler de capitulation face à la SNCF ?

La convention qui lie la SNCF à la Région votée en novembre 2018 contraignait, dans son article 12.2, la SNCF à mettre en œuvre et à financer elle-même des solutions alternatives lorsque des fermetures de guichet étaient envisagées. Plutôt que d’obliger la SNCF à respecter la convention qu’elle a signée en 2018 et pour laquelle la Région verse chaque année un demi-milliard d’euros pour offrir un service ferroviaire aux usagers, la Région va payer elle-même la fermeture des guichets…

Au total, loin des coups de menton et des déclarations péremptoires après la signature du moratoire, le Président de Région s’est montré en vérité impuissant face à la SNCF. Nos gares vont malheureusement continuer à fermer. Et comble de l’absurde, nous allons financer leurs fermetures !